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Culture Nazca :
Nous l'avons souligné : sans l'apport de l'archéologue Max Uhle, on en serait probablement encore à s'interroger sur l'éventualité d'une culture originale dans le sud péruvien. En fait, il semble que l'émergence de la culture nazca coïncide avec la disparition de la culture des Paracas (vers 200 apr. JC.). A partir de ce moment, les archéologues ont pu distinguer trois grandes période de l'évolution du peuple nazca : la première phase (200 à 500); la phase tardive (200 à 700) et la phase finale (700 à 800). Cette classification se fonde sur une analyse fine des différents styles de poteries et leur classification par les archéologues. On peut évidemment se demander pourquoi ces professionnels accordent une telle importance à ces poteries. La réponse est très simple. Les pièces en céramique présentent un double avantage : d'une part, elles se conservent mieux que des objets en tissus ou en bois et d'autre part, les poteries nazca sont particulièrement riches en thèmes illustratifs (scènes de leur vie quotidienne, animaux, plantes, fétiches, divinités, instruments de musique, représentations anthropomorphiques, etc.). Certes les métaux sont, a priori, plus résistants, mais encore faut-il qu'ils soient inoxydables et qu'ils présentent des caractéristiques suffisamment typées pour pouvoir les différencier; ce qui n'est pas toujours le cas.
Les poteries de la première période sont
très colorées et offrent une plus grande variété de décors (essentiellement
naturalistes) que celles des phases ultérieures. La matière est jaune clair ou
rouge, peinte de diverses couleurs dont les plus courantes sont des rouges,
jaunes, bruns, gris et violets, ainsi que du noir et du blanc. Les dessins sont
souvent soulignés de traits de peinture noire.
La période tardive se caractérise par des décorations plus stylisées, plus abstraites. Enfin, les motifs de la dernière période sont moins riches et déjà marqué par une influence wari. Un oeil averti apprend très vite à reconnaître le style singulier de la civilisation nazca : les couleurs sont vives et les motifs sont peints directement sur la céramique. L'essentiel des pièces (à part les collections privées, bien entendu) est rassemblé dans les musées d'Ica et de Lima.
Les "lignes" de Nazca (mais il est plus correct de parler de géoglyphes) ont été tracées en raclant les cailloutis des couches minérales du sol patinées par le soleil, laissant ainsi apparaître une terre plus claire (riche en gypse); les "dessins" sont accentués par des cailloux entassés. Certains géoglyphes représentent des animaux géants, voire des entités antropomorphes. On trouve également des triangles, des rectangles et des lignes de plusieurs kilomètres. En fait, on a recensé plusieurs dizaines de figures différentes, dont les plus célèbres se situent entre Nazca et Palpa. Selon l'archéologue et mathématicienne allemande Maria Reiche (qui a mené les recherches les plus approfondies à Nazca), les géoglyphes auraient été réalisés par les Paracas et les Nazca entre 900 av. JC. et 600 apr. JC.; certains ajouts ayant été effectués par les Wari après leur invasion. M. Reiche, à la suite des recherches du (re)découvreur des "lignes de Nazca" (l'américain Paul Kosok, en 1939) estimait que les géoglyphes constituaient un gigantesque calendrier astronomique présidant aux destinées des travaux agricoles. Cette thèse ne fait, toutefois, pas l'unanimité. Ainsi, le chercheur Tony Morrison pense qu'il s'agit plutôt d'un parcours rituel reliant des 'huacas' (sites cérémoniels); quant à Jim Woodman, il croit fermement que les Nazca savaient construire des ballons à air chaud pour observer les géoglyphes du ciel (mais pour quoi faire ? et en quoi cela fournit-il une explication sur l'origine des géoglyphes ?); plus prosaïquement, Johann Reinhard a bâti une théorie qui se réfère à un culte des montagnes et de la fertilité; enfin, l'écrivain Erich von Daniken n'hésite pas à considérer qu'il s'agit de balises et de pistes d'atterrissage pour des véhicules extraterrestres. Et il y a encore beaucoup d'autres théories, comme par exemple celle qui consiste à considérer que les "lignes" était un des pistes de compétitions pour des "jeux olympiques" précolombiens... Mais nous allons y revenir !
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